contemplation

Devenir comtemplative

img-2281.jpgDans la petite cour carrée de la maison de Dublin que nous habitons, l'on aperçoit la cime d'un gigantesque eucalyptus. Quand on arrive à Dublin et que l'on regarde un peu on remarque que les maisons sont basses, les immeubles courts, que rien ou presque ne dépasse ou grimpe vers le ciel en dehors de l'épine toute fine du Spike sur O'Connoll Street. Ici à Dublin et dans toute l'Irlande, le ciel est immense, parce que le reste est bas. C'est une sensation extraordinaire de voir ce ciel incroyablement grand au-dessus de nos têtes, tantôt bleu, tantôt noir, tantôt animé du ballet incessant de ses nuages gras qui circulent à vive allure poussés par le vent. Nous sommes bien au bord de la mer, et tout ici nous le rappelle. eucalyptus-1.jpg

Les irlandais sont contemplatifs et lents, ils parlent du Slow irlandais cette façon particulière d'appréhender la vie et ses rythmes. Quand on arrive de la fureur de Paris, il faut un temps pour se ralentir, pour s'arrêter comme eux sur les détails. Les "front garden", jardins devant les maisons que l'on croise nous en donnent l'occasion, ici un coquelicot orange qui traverse la grille, là un petit carré de pelouse vert vif aux bordures soignées par une coupe aux ciseaux. eucalyptus-2.jpgimg-2163.jpg

Il y a donc l'immense eucalyptus qui règne sur le quartier et surplombe notre cour. Il capte et concentre tout les rayons du soleil. Son feuillage brossé par le vent, apparait tantôt gris quand il est éclairé par en-dessous, tantôt d'un vert intense quand le soleil le frappe de plein fouet. Son tronc s'illumine du rose de l'Est les matins clairs, et du feu du couchant le soir. Même la nuit, la lune le fait scintiller quand elle est ronde d'un blanc immaculé, et l'église vers minuit éclairée d'un orange métalique fait sonner ses douze coups contre son écorce. 

L'Irlande calme, apaise et poétise le regard. Dublin cité de la littérature et des écrivains, pose le temps et suspend les secondes. img-0836.jpg